Avant de commencer
Où dois-je envoyer ma plainte?
La première étape consiste à envoyer votre plainte de discrimination à la Commission canadienne des droits de la personne (la Commission). La Commission est un organisme distinct du Tribunal canadien des droits de la personne (le Tribunal).
La Commission étudie et filtre les plaintes. Elle décide si le Tribunal doit traiter la plainte. Le Tribunal examine seulement les plaintes envoyées par la Commission.
Le Tribunal est l’organisme qui décide s’il y a eu discrimination. Si c’est le cas, le Tribunal peut ordonner une « réparation ». Le but est d’aider à réparer le mal qui a été fait ou d’empêcher qu’il ne se reproduise.
Les personnes directement impliquées dans une plainte sont appelées « les parties ». Si toutes les parties sont d’accord, le Tribunal peut les aider à résoudre la plainte sans passer par une audience. C’est ce qu’on appelle la médiation. Si les parties ne souhaitent pas utiliser la médiation ou si la médiation échoue, le Tribunal organise alors une audience.
Lors de l’audience, un membre du Tribunal examine toutes les preuves. Il écoute les arguments présentés par toutes les parties. Il rédige ensuite une décision, qui inclut les raisons expliquant sa décision.
La procédure du Tribunal en un coup d’œil
Diagramme de la procédure du Tribunal en un coup d'œil - Version texte
La partie supérieure du diagramme commence par ce qui suit : la Commission canadienne des droits de la personne envoie la plainte au Tribunal.
- Si toutes les parties acceptent d’avoir recours à la médiation :
- La plainte est donc réglée lors de la médiation, alors
- Le dossier est fermé, ou
- La plainte n'est pas réglée lors de la médiation, le dossier procède à la Gestion d’instances.
- La plainte est donc réglée lors de la médiation, alors
- À noter que la médiation peut toujours avoir lieu à tout moment de la procédure, même si la première tentative échoue.
- Si les parties n'ont pas recours à la médiation, le dossier procède à :
- La gestion d'instance, puis
- à une audience du Tribunal, puis
- à la décision, puis
- le dossier est fermé, ou
- une demande de contrôle judiciaire est déposée.
- La procédure du Tribunal est-elle confidentielle ?
- La médiation et les documents déposés pour faciliter les négociations sont confidentiels.
- L’audience est publique et tous les documents déposés au cours de l’audience et de la Gestion d’instance sont aussi publics.
Combien de temps dure la procédure de plainte au Tribunal?
Chaque plainte est différente. Le Tribunal travaille à les résoudre de la manière la plus équitable, la plus rapide et la plus informelle possible.
Certaines plaintes sont traitées plus rapidement parce qu’elles concernent seulement quelques questions et personnes. D’autres soulèvent des questions très complexes et impliquent plusieurs personnes, preuves et arguments. Une plainte peut porter sur le caractère discriminatoire de tout un système. De telles affaires peuvent prendre des années.
D’autres facteurs influencent aussi la durée de la procédure. Parfois, les parties ont besoin de plus de temps pour se préparer et demandent de prolonger le délai. La charge de travail est aussi un facteur à prendre en compte lorsque le Tribunal reçoit un grand volume de plaintes de la Commission.
L’un des principaux objectifs du Tribunal est d’accélérer la procédure. Nous proposons toujours la médiation à toutes les étapes de la procédure. La médiation peut contribuer à régler la plainte et à fermer le dossier en quelques mois.
Le Tribunal vous tiendra toujours informés de l’évolution de la plainte et de ce que vous devez faire ensuite. Afin d’accélérer le processus, les parties à une plainte peuvent, par exemple :
- être bien préparées;
- rassembler des documents et des preuves;
- être ouvertes à la médiation;
- se montrer raisonnable tout au long de la procédure.
Qui sera impliqué dans la procédure du Tribunal?
Les parties à la plainte
La partie plaignante est la personne ou le groupe de personnes qui a déposé la plainte de discrimination. Cette partie peut s’autoreprésenter et préparer son propre dossier. Elle peut également être conseillée et représentée par une autre personne, comme un avocat.
La partie intimée est la personne ou le groupe de personnes accusées de discrimination. Cette partie doit répondre à la plainte. Elle peut être représentée par un avocat ou par quelqu’un d’autre.
La Commission canadienne des droits de la personne est l’organisation qui envoie la plainte au Tribunal. La Commission est une « partie » dans toutes les affaires concernant les droits de la personne présentées devant le Tribunal. Elle représente l’intérêt public. Dans certaines affaires, la Commission présente des arguments et des preuves et participe à chaque étape. Dans d’autres, elle peut participer de manière limitée ou décider de ne pas participer. Si vous avez des questions sur le rôle de la Commission lors de votre audience, posez-les à la Commission ou au membre chargé d’examiner votre affaire.
Représentants du Tribunal
Le membre du Tribunal est la personne qui est nommée par le Tribunal pour traiter la plainte de discrimination. Le membre est neutre et impartial. Après avoir examiné toutes les preuves et tous les arguments, le membre prend une décision.
Le médiateur du Tribunal est une personne qui a une formation et une expérience en médiation concernant les droits de la personne. Le médiateur collabore avec toutes les parties et les aide à trouver leur propre solution.
L’agent du greffe est la personne qui sert de point de contact entre les parties et le membre du Tribunal qui traite la plainte. L’agent du greffe reçoit et traite tous les documents concernant votre affaire. Cette personne organise les appels, les séances de médiation et les dates d’audience. Si vous avez des questions, vous pouvez communiquer avec l’agent du greffe en charge de votre dossier à tout moment.
Parties intéressées
Une partie intéressée ne participe pas à la plainte, mais elle est concernée par les questions de la plainte. Il peut s’agir d’une personne ou d’un groupe. Une partie intéressée peut être autorisée à participer à l’audience si son point de vue peut être utile au Tribunal. Apprenez-en plus sur la demande de participation à titre de partie intéressée.
Ai-je besoin d’un avocat?
C’est à vous de décider si vous avez besoin d’un avocat pour vous représenter. De nombreuses parties s’autoreprésentent. Parfois, les personnes demandent à un ami ou à un bénévole de les aider.
Si vous choisissez d’engager un avocat, vous êtes responsable de payer les frais facturés.
Si vous gagnez votre procès, le Tribunal ne peut pas ordonner à la partie adverse de payer vos frais de justice.
Les causes portées devant le Tribunal sont publiques
Toutes les personnes peuvent demander à consulter les documents qui font partie du dossier officiel du Tribunal. Le dossier officiel comprend généralement ce qui suit :
- le formulaire de plainte avec les noms des parties et les allégations;
- toutes les observations présentées par les parties;
- l’enregistrement de l’audience;
- les décisions sur requête et les décisions sur le fond rendues par le Tribunal.
Comme le dossier officiel peut contenir de l’information de nature délicate, la loi offre une certaine protection pour assurer la confidentialité des renseignements. Le Tribunal peut approuver une demande de confidentialité seulement s’il est convaincu, après avoir tenu compte de quelques facteurs, qu’un ou plusieurs de ces facteurs justifient de limiter l’accès du public.
Les demandes d’ordonnance de confidentialité doivent être présentées le plus tôt possible.
Pour en apprendre plus sur l’accès et la confidentialité, consultez notre politique sur l’accès aux dossiers officiels.
Mesures d’adaptation
Le Tribunal peut prendre des mesures d’adaptation pour s’assurer que toutes les personnes ont accès à la procédure. Par exemple, le Tribunal peut, en cas de besoin :
- offrir un service par courrier si vous n’avez pas accès à un ordinateur ou si vous ne pouvez pas en utiliser un;
- fournir des formulaires et documents dans un format différent (exemple : format gros caractères);
- fournir un interprète, y compris en langue des signes;
- faire preuve de souplesse en ce qui concerne les horaires si vous devez vous occuper d’une personne (exemple : enfant ou personne âgée).
Veuillez nous informer dès que possible de toute mesure d’adaptation dont vous avez besoin. Vous pouvez le faire par :
- Courriel : registry.office@chrt-tcdp.gc.ca
- Télécopieur : 613-995-3484
La poste :
Bureau du greffe
Tribunal canadien des droits de la personne
240, rue Sparks, 6e étage Ouest
Ottawa (Ontario) K1A 1J4
Puis-je retirer ma plainte?
Vous pouvez retirer votre plainte à tout moment. Veuillez écrire une lettre au Tribunal ou remplir un formulaire de demande de retrait.
Apprenez-en plus au sujet de la demande de retrait d’une plainte.
Regardez la vidéo ci-dessous pour en connaître plus sur le processus de plainte du Tribunal canadien des droits de la personne.
À noter que certaines informations contenues dans cette vidéo ne sont pas à jour. Notre guide explicatif contient les informations les plus récentes concernant le processus du Tribunal.
Vidéo 1 - Processus préliminaire
Vidéo 1 - Processus préliminaire - Transcription
Bonjour, je m'appelle Isabelle.
Il y a un an, j'ai déposé une plainte de discrimination auprès de la Commission canadienne des droits de la personne.
Lorsque j'ai appris que la Commission avait transmis ma plainte au Tribunal canadien des droits de la personne, j'étais nerveuse.
Je n'avais pas d'avocat ou de personne-ressource pouvant m'aider à comprendre ce qui allait se produire.
Bonjour, je m'appelle Philippe et je suis agent du greffe au Tribunal canadien des droits de la personne.
Le Tribunal est semblable à une cour de justice, mais il a un caractère moins formel, et il n'instruit que les plaintes de discrimination.
Lorsqu'une plainte nous est transmise par la Commission canadienne des droits de la personne, un agent du greffe, comme moi, est chargé du dossier.
Nous devenons le point de contact entre les parties à la plainte et le Tribunal.
Les parties ne doivent communiquer qu'avec leur agent du greffe chargé du dossier.
Nous ne pouvons pas donner de conseils juridiques, mais vous pouvez communiquer avec votre agent du greffe si vous avez des questions concernant la médiation, la gestion de l'instance ou les audiences.
Quelle est la différence entre la Commission et le Tribunal?
Cette question revient souvent.
Prenons le temps d'examiner la nature de ces différences.
Le Tribunal et la Commission sont des entités distinctes et indépendantes.
La Commission reçoit la plainte de discrimination.
À la suite d'une enquête, la Commission peut transmettre la plainte au Tribunal aux fins d'instruction.
Le Tribunal règle la plainte au moyen d'une séance de médiation lors de laquelle les parties concluent une entente ou d'une audience complète.
Pendant l'audience, le Tribunal examine la preuve et entend les témoins.
Si le Tribunal conclut qu'il y a eu discrimination, il détermine le redressement approprié.
Il est important de comprendre que ce n'est pas parce que la Commission a transmis une plainte au Tribunal qu'elle estime qu'il y a bel et bien eu discrimination.
C'est le membre du Tribunal qui prendra cette décision.
Les membres du Tribunal sont des décideurs impartiaux.
Ils ont une formation en droit et possèdent une expertise dans le domaine des droits de la personne.
J'ai d'abord reçu une lettre du Tribunal m'informant que la Commission avait transmis ma plainte au Tribunal.
Certains termes dans la lettre m'étaient inconnus.
Il est très utile d'en connaître le sens.
Le plaignant désigne la personne ou le groupe qui a déposé la plainte de discrimination.
C'est moi.
L'intimé désigne la personne ou le groupe visé par la plainte de discrimination.
Les parties désignent les principaux participants à la plainte.
Il s'agit du plaignant, de l'intimé et de la Commission canadienne des droits de la personne.
Dans la lettre, on me demandait si je souhaitais participer à une séance de médiation confidentielle d'un jour pour tenter de régler la plainte, plutôt que de passer directement à l'étape de l'audience publique.
On mentionnait qu'un membre du Tribunal serait désigné comme médiateur.
Cela m'a donné confiance, et j'ai décidé d'essayer la médiation et les autres parties étaient d'accord.
La médiation est tout à fait volontaire.
Comme dans le cas d'Isabelle, toutes les parties doivent consentir à la médiation pour que celle-ci ait lieu.
Si l'une des parties n'y consent pas, la plainte passe à l'étape de la gestion de l'instance, puis à l'étape de l'audience publique.
Pour en savoir plus, veuillez consulter le site Web du Tribunal canadien des droits de la personne et assurez-vous de visionner nos autres vidéos sur la médiation, la gestion de l'instance et les audiences.